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                                                                                                                                        photo sylvie lauzel
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées
Moi l'autre hiver plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulement d'eau au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombres aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur,

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ? -

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons

Arthur Rimbaud - Le bateau ivre.

Lundi 15 mai 2006
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... épuisée, aussi épuisée

que ce livre que je ne lirai jamais.

Dimanche 14 mai 2006
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Mes journées sont difficiles mes nuits sont courtes et mes yeux pleins de sel.  Il arrive parfois qu'une seule personne vous malméne et le monde entier va de travers. J'ai hâte d'être à plus tard. J'ai hâte de n'avoir plus de reproches non dits, mal dits, de vexations. Parce que je suis moi . Parce que tout va si je m'efface. Plus rien ne va si je suis. J'ai envie de peindre, de rêver de faire plein de choses mais je ne peux pas  cause de cette situation. Je suis fatiguée de tout ça. Il me fait mal. .. ... pas le choix.

Samedi 13 mai 2006
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dans la série artiste locaux j'ai le plaisir de vous offrir une rencontre avec

... le cirque Plume ....

 


  • Un extrait musical (1 minute) de "Wladimir" (extrait de "L'harmonie est-elle municipale ?") a été utilisé 2 fois dans le film "Se souvenir des belles choses" de Zabou Breitman (sorti sur les écrans en janvier 2002). Une magnifique utilisation dans un film magnifique.

  • Robert Miny, le "Maestro" du Cirque Plume, a composé la musique originale du court-métrage "Le signaleur", de Benoît Marriage primé au festival de Cannes 1997 dans le cadre de "la semaine internationale de la critique".

  • Robert Miny a également composé la musique originale du film de Vincent Ravalec "Cantique de la Racaille", avec Yvan Attal, sélection officielle du festival de Cannes 1998. La musique a été enregistrée par des membres du Cirque Plume : Michèle Faivre, Jean-Marie Jacquet, Alain Mallet, Laurent Tellier, et … Robert Miny.

  • Pierre Kudlak, artiste (et co-fondateur) du Cirque plume a joué un personnage du "Cirque Urbino" dans le film "Le nain rouge" (sélectionné pour "la quinzaine des réalisateurs" au festival de Cannes 1998).
    Le réalisateur, Yvan Lemoine, s'est inspiré du numéro du "nez rouge" de Bernard Kudlak dans le spectacle "No animo mas anima" du Cirque Plume pour la scène finale du film. "Comme un vieux lion seul", musique de Robert Miny extraite du spectacle "Toiles" a été utilisée dans le film.

  • Manuel Poirier (réalisateur de "Western") a utilisé "Sur la place de Favernay", extrait du spectacle "Toiles" pour le générique de son film documentaire d'une durée de 90mn consacré aux enfants issus de différents milieux diffusé le mardi 20 octobre 1998 à 20h30 sur France 3 dans l'émission "Hors Série" de Patrick de Carolis.



 

© Cirque Plume - Tania Rinnert - Galliot.com 2002-2004


                                       ...  à voir absolument, cent pour cent pur bonheur ...

                                        http://www.cirqueplume.com

Vendredi 12 mai 2006
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La terre ancestrale

C’est dans le joli village de Bondeval en Franche-Comté que se trouvent les racines paternelles de l’écrivain, devenu parisien d’adoption, né à Saint-Pétersbourg.
Baigné dans la culture française par des études au collège de Belfort et au lycée de Besançon, mais de sensibilité slave par ses origines maternelles, André Beucler écrivit une grande partie de ses œuvres dans la maison familiale que son père fit construire au début du siècle.
Il parcouru longtemps, à pied tous les sentiers de la région et les rives du Doubs n’avaient plus de secrets pour lui.

Le succès de Gueule d’Amour

Dans le roman Gueule d’Amour (1926), le narrateur en compagnie de Lucien Bourache décrit, au début du livre, le trajet sillonnant, au milieu des usines et les champs, de la gare de la sous-préfecture à sa résidence. Les lecteurs qui connaissent bien le Pays de Montbéliard et son histoire peuvent reconnaître les paysages qui séparent Montbéliard de Bondeval et découvrir à travers le regard précis et tendre d’un homme ...

 
L’origine du sentier

Le tracé de ce sentier fut identifié par Nicole Stauffer en 2003. Immédiatement, Manuel Brun, animateur de l’architecture et du patrimoine, alors en charge de l’Atelier du Patrimoine du Pays de Montbéliard a soutenu et porté le projet, notamment avec l’édition de la brochure Laissez-vous conter André Beucler. Dès le mois de juin 2003 et pendant les deux étés suivants des promenades guidées furent organisées devant la maison familiale et sur le sentier décrit dans Gueule d’Amour. Voir sur les pas de Gueule d’Amour

http://www.andrebeucler.com

... découvert, encore, le site d'un artiste local.

La Franche-Comté foisonne de talents. Il faudra que je prenne le temps de les recenser.

En attendant, mon week-end sera consacré à la découverte du sentier André Beucler.

Excellente occasion de profiter de la nature et de glâner des information sur cet écrivain.

Jeudi 11 mai 2006
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  ...  découverte par hasard      http://sculpt.emma.free.fr

Mercredi 10 mai 2006
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pacotilles

Lundi 8 mai 2006
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...

ton coeur chiffon
tout froissé
délavé

tes mots déchirés
foulés au pied
mouillés


tes petits anges
au sourire de lune
elles sont là

...

...

des nuageons percent
qui frôlent la tour pointue
s'éclatent en goutelettes

tombent dans la Seine
et sur les toits

mais déjà le ciel s'éclaire
et la journée sera belle

...

Dimanche 7 mai 2006
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Vendredi 5 mai 2006
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...

un homme assis dans la brume du petit matin

son violoncelle se prolonge en un arbre dont les feuilles sont des oiseaux

avec au milieu, un oiseau différent celui-ci, plus rouge, les autres sont noirs

et tout autour, sept chats, des chats et des chattes tous blanc.

il porte une chemise blanche avec de fines dentelles aux manches

il a l'air doux, si doux

il semble d'un autre temps

il joue un air lent et mélancolique

avec des sons étirés longs comme la nuit

              ... quel beau rêve

 

 

Mercredi 3 mai 2006
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