ils avaient amaré les péniches

Publié le par sylvie

  

 

                                                                                        © sylvie lauzel

 

Ils avaient amarré les  péniches aux marges du fleuve / errance brisée.

Premiers pas chavirés sur la terre immobile

des mariniers en goguette.

Pensées ivres de l’odeur des femmes et du vin.

 

 

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S
... Guy Le Querrec pardonnez moi ... Q pas G
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S
... à propos de peaux-rouge, Philippe, il faut que je vous parle du reportage de Guy Le Guerrec que vous connaissez sans doute pour ses reportages sur le jazz. Guy Le Gerrec a fait une superbe série de photos sur le "pélérinage" en l'honneur de la mort de Big foot ....
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S
Le bateau ivre<br /> Comme je descendais des Fleuves impassibles,<br /> Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :<br /> Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,<br /> Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.<br /> <br /> J'étais insoucieux de tous les équipages,<br /> Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.<br /> Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,<br /> Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.<br /> <br /> Dans les clapotements furieux des marées,<br /> Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,<br /> Je courus ! Et les Péninsules démarrées<br /> N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.<br /> <br /> La tempête a béni mes éveils maritimes.<br /> Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots<br /> Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,<br /> Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !<br /> <br /> Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,<br /> L'eau verte pénétra ma coque de sapin<br /> Et des taches de vins bleus et des vomissures<br /> Me lava, dispersant gouvernail et grappin.<br /> <br /> Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème<br /> De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,<br /> Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême<br /> Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;<br /> <br /> Où, teignant tout à coup les bleuités, délires<br /> Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,<br /> Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,<br /> Fermentent les rousseurs amères de l'amour !<br /> <br /> Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes<br /> Et les ressacs et les courants : je sais le soir,<br /> L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,<br /> Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !<br /> <br /> J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,<br /> Illuminant de longs figements violets,<br /> Pareils à des acteurs de drames très antiques<br /> Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !<br /> <br /> J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,<br /> Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,<br /> La circulation des sèves inouïes,<br /> Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !<br /> <br /> J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries<br /> Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,<br /> Sans songer que les pieds lumineux des Maries<br /> Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !<br /> <br /> J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides<br /> Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux<br /> D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides<br /> Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !<br /> <br /> J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses<br /> Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !<br /> Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,<br /> Et les lointains vers les gouffres cataractant !<br /> <br /> Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !<br /> Échouages hideux au fond des golfes bruns<br /> Où les serpents géants dévorés des punaises<br /> Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !<br /> <br /> J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades<br /> Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.<br /> - Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades<br /> Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.<br /> <br /> Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,<br /> La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux<br /> Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes<br /> Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...<br /> <br /> Presque île, ballottant sur mes bords les querelles<br /> Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.<br /> Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles<br /> Des noyés descendaient dormir, à reculons !<br /> <br /> Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,<br /> Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,<br /> Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses<br /> N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;<br /> <br /> Libre, fumant, monté de brumes violettes,<br /> Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur<br /> Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,<br /> Des lichens de soleil et des morves d'azur ;<br /> <br /> Qui courais, taché de lunules électriques,<br /> Planche folle, escorté des hippocampes noirs,<br /> Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques<br /> Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;<br /> <br /> Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues<br /> Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,<br /> Fileur éternel des immobilités bleues,<br /> Je regrette l'Europe aux anciens parapets !<br /> <br /> J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles<br /> Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :<br /> - Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,<br /> Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?<br /> <br /> Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes. <br /> Toute lune est atroce et tout soleil amer :<br /> L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.<br /> Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !<br /> <br /> Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache<br /> Noire et froide où vers le crépuscule embaumé<br /> Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche<br /> Un bateau frêle comme un papillon de mai.<br /> <br /> Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,<br /> Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,<br /> Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,<br /> Ni nager sous les yeux horribles des pontons.<br /> Arthur RIMBAUD<br /> <br /> si beau.....
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P
Les fleuves impassibles?
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V
ivresse en passerelle....sourire...
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S
 ... bulle par ci / bulle par là et voilà ... tout à fait ça VI... hommes de la mer /  sans phare ni balises, succomberaient-ils sans trop  résister à l'appel des sirènes terrestres ... ?